
Enseignant : Kouadio Guedi Sandra
Matière enseignée : Français
École : Collège Privé Sourale de Pakouabo
Titre du conte : Koffi Kan veut une femme
Élève qui a recueilli le conte : Zoro Lou Dorcas
Village : Pakouabo.
Langue maternelle : Gouro
Il était une fois, dans le petit village de Djoubrékro, un jeune chasseur nommé Koffi Kan. Dans ce village, se marier exigeait la réalisation de prouesses extraordinaires. Souhaitant relever ce défi, Koffi Kan se rendit chez le plus grand féticheur du monde pour demander de l'aide. À son arrivée dans l'obscur antre du féticheur, il fut saisi de peur, mais le sage le rassura rapidement. Koffi exposa son désir de trouver une épouse sans encombre. En échange, le féticheur lui posa un défi : rapporter la queue d'un génie aux dix pieds, dix bras et dix yeux. Pour l'aider dans cette quête, le féticheur lui confia un fétiche magique.
Après une longue traque à travers la brousse, Koffi Kan retrouva enfin les traces du génie. Découvrant que son repaire, situé sous un imposant fromager, était désert, Koffi décida de se percher discrètement à la cime de l'arbre. Patient et immobile, il supporta la faim toute la journée, déterminé à rester caché. Son plan était simple : attendre le retour du génie à la tombée de la nuit pour le surprendre pendant son sommeil. Quand la nuit tomba, un génie apparut sous le fromager mais Koffi Kan ne se jeta pas sur lui. Celui-ci n’avait qu’un pied et un œil.
Peu après, le second arriva, puis le troisième, le quatrième. Ce fut ainsi de suite jusqu'à ce que le dixième génie arrive, celui-ci avait bien dix yeux, dix bras et dix pieds. Mais ce dernier se rendit compte qu'il y avait un étranger parmi eux.
Quand il demanda : « Qui est là ? Qui nous observe ? » Les autres génies répondirent : « Il n’y a pas d’étranger ici. C’est nous qui sommes là. » Rassuré, il ne dit plus rien et les invita à se recoucher. Lui-même fit de même.
Quand ils commencèrent à dormir, Koffi Kan descendit de l’arbre avec prudence. Ensuite, il enjamba les autres génies endormis, coupa rapidement la queue du génie aux dix membres et s'enfuit à toute vitesse. Immédiatement, tous les génies se réveillèrent et se lancèrent à sa poursuite.
Arrivé dans un champ de palmiers, essoufflé, Koffi Kan interrogea son fétiche : « Que faire ? » Sans détour, le fétiche lui répondit de but en blanc : « Prends le fétiche et frappe sur le palmier ». Il suivit la consigne et des régimes de palme tombèrent pour barrer le passage aux génies. Toutefois, cet obstacle ne les retint que brièvement ; les génies, dégagèrent rapidement les palmes tombées et reprirent leur chasse effrénée.
Puis, Koffi Kan arriva à un large fleuve qui bloquait son chemin. Dans l'urgence, il consulta à nouveau son fétiche en demandant : « Que faire ? » Cette fois, le fétiche commanda au fleuve de monter pour empêcher les génies de traverser, tandis que Koffi et le fétiche franchissaient le fleuve.
Finalement, ils arrivèrent au village saint et sauf. Koffi Kan alla remercier le féticheur avant de rentrer chez lui. Grâce à la queue du génie qu’il avait coupée et ramenée, il eut le droit d’épouser une jolie femme. Cependant, il découvrit bientôt que sa nouvelle épouse n'était autre que la queue du génie, métamorphosée en humaine.
Lorsqu'il réalisa la véritable nature de sa femme, Koffi Kan, terrifié, se cacha car elle voulait le tuer. Épuisé et effrayé par la tournure des événements, il retourna chez le féticheur en quête de secours. Le sage lui conseilla de marcher autour d’un feu. À peine avait-il commencé à encercler les flammes que sa femme se métamorphosa soudainement en épervier, rodant au-dessus du feu.
C’est pourquoi chaque fois qu’il y a des feux de brousse, les éperviers les survolent.