Enseignant : Kouassi Kré Jean Modeste
Matière enseignée : Anglais
École : Collège Privé Mely de Pakouabo
Titre du conte : Le caïman et la pintade
Élève qui a recueilli le conte : Moro Akissi Emmanuela
Informateur : Kouamé Kouassi Eric
Village : Pakouabo
Langue maternelle : Baoulé

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Le caïman et la pintade

Il était une fois, dans une forêt, vivaient le caïman et la pintade. Ils entretenaient une amitié de longue date connue de tous les autres habitants de la forêt. Les deux amis partageaient tout et s’aimaient profondément. Pour témoigner de son amitié, le caïman avait choisi de ne jamais goûter à la chair de la pintade, bien qu'il ait déjà consommé celle de tous les autres animaux de la brousse.

Cependant, un jour, rongé par la faim, le caïman ourdit une ruse diabolique pour dévorer sa fidèle amie. Au petit matin, il quitta le fleuve, appela l'un de ses fils, et lui donna pour mission d'annoncer à la pintade que son père était mort. Après le départ de son fils, il se coucha sur la berge et simula parfaitement la mort. Puis il demanda à ses autres enfants de se lamenter. Les enfants se mirent alors à pleurer à chaudes larmes et à crier leur détresse au point que toute la vallée fût informée de leur chagrin. 

Peu après, la pintade arriva avec ses petits, suivie de près par le fils du caïman qui avait annoncé la fausse nouvelle de la mort. Celui-ci, aussitôt arrivé, se laissa lui aussi tomber et se roula dans le sable, à l’image de ses frères. Sans paniquer, la pintade demanda aux petits caïmans de s’écarter de la dépouille de leur père. Elle demanda ensuite aux jeunes caïmans de se calmer, expliquant qu'elle souhaitait réciter une prière pour le repos de l'âme de leur père. Quand ils s’exécutèrent et que le silence revint, la pintade versa quelques larmes et dit : « Ami caïman, si tu es vraiment mort, remue le bout de ta queue. » Caïman bougea timidement le bout de sa queue. Elle versa encore des larmes et reprit : « Ami caïman, si tu es vraiment mort - et tout porte à croire que tu l’es réellement -ouvre ton œil gauche. » Et caïman ouvrit l’œil gauche. 

La pintade reprit : « …Ouvre ton œil droit. » Aussitôt, l’œil droit de caïman s’ouvrit. Sans plus attendre, la pintade et ses pintadeaux s’envolèrent en chœur. Une fois dans le ciel, la pintade lança au caïman : « Caïman, ce n’est pas aujourd’hui, ni demain, ni jamais que tu me dévoreras, vilaine bête ! »

Depuis ce jour, l’amitié entre le caïman et la pintade prit fin et la pintade se méfie à jamais de son ancien ami. Cela veut dire qu’il faut quelquefois être prudent même avec ses meilleurs amis. Si la pintade ne l’avait pas été, le caïman l’aurait eue si facilement par la ruse.

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