Enseignant : Mlle Aka Gwladys
Matière enseignée : Français
École : Collège Privé Mely de Pakouabo
Titre du conte : L’exil avorté
Élève qui a recueilli le conte : Moro Akissi Emmanuela
Informateur : Kouamé Kouassi Erick
Village : Pakouabo
Langue maternelle : Baoulé

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L’exil avorté

Il était une fois, trois animaux : l’âne, le chien et le coq. Ces trois animaux se plaignaient d’être victimes de l’injustice de l’homme. C’est alors qu’un jour, ces animaux qui ont toujours cohabité avec l’homme, décidèrent d’aller vivre dans la forêt, loin de la société humaine. En chemin, ils se racontaient à tour de rôle leurs griefs. 

En chef de file, l’âne commença : « Moi, l’homme me fait travailler toute la journée. Je laboure la terre. Je transporte son eau et ses bagages. Quand, le soir, je rentre enfin à la maison, il me donne un violent coup de bâton et m’ordonne d’aller chercher à manger. Or mon cousin le cheval est traité comme un prince. L’homme lui apporte à manger, le lave et lui nettoie ses sabots. Je ne peux supporter cette situation. » 

Ensuite, le chien prit la parole et dit : « Moi, je travaille matin et soir. Le jour, j’accompagne le berger pour garder le troupeau. Le soir, je fais la garde pendant que tout le monde dort. Mais l’homme ne me donne que des restes de nourriture. Pire, quand il n’y a pas de reste, je ne mange pas. Pourtant, mon cousin le chat est peinard à la maison. L’homme le traite comme son fils. Je ne peux plus supporter cet enfer. » 

Le coq intervint en dernière position : « Moi, tout le monde sait que c’est moi qui réveille l’homme le matin pour qu’il aille faire ses prières avant de vaquer à ses occupations. Mais quand il a de la visite, il me tue. Quand il manque d’argent, il me vend au marché. Ce mauvais traitement, je ne saurais le supporter plus longtemps. » 

Aussitôt après avoir exposé leurs plaintes, ils arrivèrent au milieu de la forêt. Chacun se construisit une case et s’installa. Ils vécurent ainsi, tranquillement, durant de nombreuses années.

Un jour, Bouki l’hyène, en promenade dans les parages, remarqua leur présence. Elle en avertit aussitôt l’éléphant, le chef de la forêt. Ce dernier envoya Golo le singe vérifier les propos de Bouki. En apercevant Golo le singe s’approcher de leur périmètre, le chien dit à ses amis : « Laissez-le venir, je m’en occupe !» Puis, le chien sauta sur Golo et lui cassa une de ses pattes. Celui-ci repartit en boitant. 

À sa vue, l’éléphant lui lança : « Tu es un fainéant ! ». Puis il envoya le charognard. Le charognard partit à son tour. Quand il atteignit le périmètre des trois amis et que l’âne l’aperçut, il dit aux deux autres : « Celui-ci, laissez-le-moi, je lui règle son compte ». Il se coucha soudain et fit le mort sur le chemin du charognard. Croyant que l’âne avait besoin d’assistance, le charognard se précipita sur lui. Aussitôt, les trois amis se jetèrent sur lui et lui administrèrent de violents coups de bâton. Le corps couvert de sang, le charognard repartit.

 Après cette débâcle, l’éléphant décida d’aller lui-même se battre contre ces intrus. Mais le coq, plein de bravoure, se porta volontaire pour l'affronter. "Je prends celui-ci en charge", déclara-t-il avec confiance, se perchait sur une branche d'arbre, attendant l'arrivée imminente de l’éléphant. Quand le puissant chef de la forêt arriva, le coq, battant des ailes avec vigueur, s'élança sur lui avec une telle fermeté que l'éléphant, surpris par cette attaque, pris la fuite en écrasant maladroitement les cases des trois amis.  

Après cet affrontement avec l'éléphant, l'âne, conscient que leur présence dans la forêt ne ferait que les exposer à davantage de conflits, rassembla ses compagnons. Il prit la parole avec gravité : « Mes amis, ces gens ne nous laisseront jamais en paix. Puisque nous n'avons plus d'autre refuge, je vous propose que nous suivions l'adage qui dit que : Celui qui ne sait où il va, doit retourner d'où il est venu. »

Voici comment les trois amis retournèrent vers l’homme, leur ancien maître. Cette expérience souligne qu'il est courant de se plaindre de notre situation et de vouloir essayer autre chose. Parfois, cela peut nous réussir, mais d'autres fois, l'ailleurs peut s'avérer encore pire. Les trois amis en ont fait l'amère expérience.

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