
Enseignant : Kouassi Kré Jean Modeste
Matière enseignée : Anglais
École : Collège Privé Mely de Pakouabo
Titre du conte : L’orpheline
Élève qui a recueilli le conte : Kouamé Aya Arielle Prestige
Informateur : Youan Lou Toi Reine Nativité
Village : Pakouabo
Langue maternelle : Gouro
Il était une fois, une fille. Elle avait perdu sa mère et vivait avec son père et sa marâtre qui la maltraitait. Elle faisait tous les travaux de la maison, ceux du champ et parfois certains travaux du village. Malgré ces nombreuses tâches, elle n’avait pas droit à la nourriture.
Un jour, alors que l'orpheline préparait du toh, remuant énergiquement la poudre de maïs dans de l'eau bouillante, le bois qu'elle utilisait glissa et tomba sur le sol. Vite, elle se leva pour aller chercher de l’eau dans le canari afin de le laver. Mais sa marâtre qui avait tout observé lui demanda d’aller plutôt à la rivière sacrée pour laver l’ustensile. La pauvre fille se sentit dans l’obligation de s’exécuter parce que sa marâtre était plus méchante qu’une panthère.
Ainsi, elle prit le chemin de la rivière en pleurant. Et, dans ses pleurs, elle disait :
« Grand génie de l’eau sacrée
Tu vois tout ce qui m’arrive
Tu entends tout
Tu vois aussi que je suis obligée de partir
Pardonne-moi pour ce que je vais faire
Ne me punis pas
Je t’en prie. »
Lorsqu'elle atteignit la rivière, un bruit effrayant retentit, lui glaçant le sang. Malgré sa peur, elle se dépêcha de nettoyer le bâton et se mit en route pour rentrer. Elle n'avait pas fait grand chemin quand une imposante créature surgit devant elle, bloquant son passage. D'une voix rassurante, la bête lui proposa d'aller nager ensemble dans l'eau sacrée.
La créature expliqua à la fille qu'une fois dans l'eau chaude, elle devrait dire « Eau froide, eau froide ». Puis, lorsque l'eau se serait refroidie, elle devrait dire « Eau chaude, eau chaude ». La fille acquiesça. Elle retourna se baigner et fit ce qui lui avait été conseillé.
Après la baignade, alors qu'elle se préparait à partir, la créature lui tendit un sac rempli d’or. À la fois surprise et heureuse, elle la remercia et regagna le village. Lorsqu'elle présenta son trésor à ses parents, ils furent mécontents, jaloux et haineux. Comme sa fortune les obligerait à l’aimer ou à la craindre, ils décidèrent de la chasser de la maison. Le prétexte tout trouvé est qu’elle perdrait la vie pour avoir touché à l’eau sacrée. L’orpheline partit donc de la maison.
Après son départ, la marâtre demanda un jour à sa fille de cuisiner du toh. Elle lui conseilla de laisser tomber le bois servant à touiller la poudre de maïs dans le sable. Ce serait l’occasion d’aller à la rivière sacrée pour gagner sa part de richesse.
La fille écouta sa mère et laissa expressément le bois échouer dans le sable. Sa mère l’enjoignit automatiquement d’aller le laver à la rivière sacrée. Et elle se rendit à la rivière, en quête d’or.
Une fois à la rivière, elle lava le bois et tourna les talons. Soudain, une grosse bête apparut devant elle et lui proposa d’aller se baigner avec elle. Elle acquiesça aux instructions de la bête, qui lui expliqua précisément ce qu'elle devait faire au moment opportun. Puis ils entrèrent dans l’eau. Mais la fille ne respecta pas les consignes de la bête quand l’eau fut froide et quand elle fut chaude.
Une fois la baignade terminée, la bête lui offrit un sac sans lui en dévoiler le contenu. Heureuse de ce qu’elle venait de recevoir, la fille retourna au village. A son arrivée, elle présenta le sac à ses parents. Ceux-ci s’en réjouirent : leur fille aimée venait de leur rapporter leu richesse. Ils s’enfermèrent alors dans la chambre afin de compter les pièces d’or en toute discrétion. Mais quelle ne fut pas leur déception en ouvrant le sac ! Ils y découvrirent des moustiques, des mouches, des cafards, des fourmis, des scorpions, etc. Aussitôt, ils ressortirent de la chambre et allèrent présenter des excuses à l’orpheline. Elle accepta les excuses et rentra à la maison familiale. Désormais, ils vécurent dans la bonne entente et l’amour. La richesse de l’orpheline profita à tous.
A partir de ce jour, ils conseillèrent aux villageois de ne pas faire de la discrimination entre leurs enfants.