
Enseignant : Kouassi Kré Jean Modeste
Matière enseignée : Anglais
École : Collège Privé Mely de Pakouabo
Titre du conte : On ne tente pas les interdits.
Élève qui a recueilli le conte : Kouakou Aya Estelle
Informateur : Kouakou Yao Célestin
Village : Pakouabo
Langue maternelle : Baoulé
Il était une fois, l’araignée, sa femme Akôlou et Aba Kouassi, leur enfant. Les trois vivaient paisiblement dans un village. Un jour, une annonce importante fut faite : tous les villageois devaient se rendre au champ le lendemain, un vendredi, car les initiés du do allaient y danser leur fétiche sacré, strictement interdit aux non-initiés.
Le jour suivant, tous les villageois se rendirent effectivement au champ, sauf l’araignée qui annonça à sa femme et à son fils : « Moi, je n'irai pas au champ. » Akôlou et Aba Kouassi, s'inquiétèrent immédiatement. Ils connaissaient bien sa curiosité insatiable et savaient qu'il serait irrésistiblement attiré par le mystère du fétiche. Ils essayèrent de le décider à sortir du village comme tout le monde, mais l’araignée ne se laissa pas fléchir. De guerre lasse, Akôlou et Aba Kouassi l’abandonnèrent à la maison et prirent le chemin du champ en début d’après-midi. Les initiés commençaient leur cérémonie.
Ils chantaient et dansaient :
« Kloulou Kloulou Kloulou
Lalafouè do me si do
Kloulou Kloulou Kloulou
Lalafouè do me si do »
(Kloulou Kloulou Kloulou
L’antique do l’on danse le do
Kloulou Kloulou Kloulou
L’antique do l’on danse le do)
Les initiés déferlèrent dans le village, leurs chants et leurs danses étaient irrésistiblement entrainantes. Incapable de résister à la tentation, l'araignée, dévorée par la curiosité, jeta un œil furtif à l'extérieur. Dès qu’il aperçut le fétiche, une bosse apparut sur son dos. Il fut automatiquement cloué au sol et ne put plus se lever.
Le soir, lorsque sa femme et son enfant revinrent du champ, ils le trouvèrent étendu sur le sol de la cuisine. Sa femme lui demanda de venir l’aider à décharger son fagot, mais il ne put se lever. Il lui dit : « Je suis malade ».
Akolou, qui connaissait bien son mari, jeta aussitôt son fagot par terre et se précipita vers lui. À son grand étonnement, elle découvrit une énorme bosse déformant le dos de son homme. Depuis ce jour, l'araignée resta bossue pour toujours. Cette mésaventure marqua également la première apparition de la bosse chez les hommes, faisant de l'araignée l'origine de ce mal dans la société humaine. Moralité : il ne faut jamais tenter les interdits dans la vie.